Le réseau social

De Espace Citoyen.

Le vieillissement peut se vivre de manières bien différentes, allant de l'arrêt total de toute vie sociale et professionnelle à une intensification de l'engagement social et associatif, davantage possible en raison d’une nouvelle richesse enviée par plusieurs : le temps libre. En restant actifs, physiquement, socialement et intellectuellement, les personnes âgées s'assurent de ne pas faire rimer cette période avec incapacité, inactivité et isolement, ce qui a des conséquences positives sur le plan de la santé et du bien-être. Si une perte d'autonomie s'amorce, le réseau social de la personne, c'est-à-dire sa famille, ses proches et ses connaissances, devient une source précieuse d'entraide et de sollicitude. La participation sociale et l’implication ont aussi des impacts positifs sur le maintien d’un réseau social fort et enrichissant. Comment encourager cette participation ?

Lien vers la table des matières du document de réflexion

Les proches

Les aînés ne sont pas condamnés à la solitude, même s'ils habitent seuls. Outre la relation avec leur conjoint quand ils en ont un, ils conservent aussi des liens familiaux : avec leurs enfants et petits-enfants, qui font si souvent leur joie; avec leurs frères et sœurs, leurs pères et mères, leurs oncles et tantes, cousins/cousines et leurs belles-familles. La famille à cet âge, surtout lorsque les gens sont seuls et sans enfants ou lorsqu'ils vivent éloignés d'eux, peut s'élargir jusqu'à un membre ou deux de la parenté lointaine, la parentèle. Les 55-74 ans reçoivent, gardent les petits-enfants, dépannent leurs enfants, enrichissent les liens familiaux. Un bon nombre d'entre eux, notamment parmi les femmes, deviennent les aidantes « naturelles » de ceux qui, mal en point ou plus âgés qu'eux, ont besoin d'une aide soutenue, comme leurs vieux parents (voir la section sur les proches aidants).


La plupart des aînés cultivent aussi des liens d'amitié et de bon voisinage entre eux : ils s'entraident, se divertissent, se stimulent, s'encouragent dans les moments difficiles. Ils entretiennent ainsi un petit ou un grand réseau « informel » de solidarités, selon leur tempérament, leur disponibilité, leur santé (2).


Mais, surtout dans un milieu urbain comme Québec, la solitude des personnes âgées est aussi un grave problème. En raison de la mobilité des travailleurs, rares sont les enfants devenus adultes qui peuvent prétendre à une vie stable près de leurs parents. L'individualisme et l'idéologie de la performance font que ces enfants ont parfois moins de temps pour leurs parents âgées ou qu'ils développent avec eux un rapport utilitaire, instrumental, source de grande détresse humaine pour les parents.


Lien vers la table des matières du document de réflexion


La vie associative et la participation sociale

Les aînés autonomes et actifs se réunissent aussi entre eux dans des regroupements, comités, organisations de personnes âgées de toutes sortes (3) et ils participent à la vie d'organismes où se rencontrent des gens de tous âges.

Leur bénévolat dans des associations variées est précieux :
- dans les mouvements d'action politique et sociale où leur « pouvoir gris » vise à changer les choses, comme c'est le cas de l'AQDR, l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et des préretraitées;
- dans des clubs de loisirs, comme ceux de l'Âge d'Or, qui ne font pas que divertir et qui, notamment la FADOQ, le Mouvement des aînés du Québec, se préoccupent aussi de revendications sociales;
- dans des société de bienfaisance (Comité des Aînés de Centraide Québec, Société Saint-Vincent-de-Paul) et des organismes communautaires de services proprement dits, organismes qui fournissent transport, visites d'amitié et repas aux aînés en perte d'autonomie, qui parfois soutiennent les études des plus jeunes et expliquent aux plus âgés les formulaires les plus obscurs.


Selon le rapport du Comité sénatorial de mars 2007, pour de nombreuses personnes âgées, le bénévolat est une occasion de continuer à faire valoir leurs compétences et d’éprouver un sentiment d'utilité pendant une période de transition. Le travail non rémunéré peut également contribuer à forger un sentiment d’identité et d’appartenance, et constitue un moyen de rendre à la société ce qu’elle a donné.


Ce sont souvent des bénévoles, souvent aînés, qui font fonctionner les bibliothèques publiques des communautés rurales, qui aident aux devoirs dans les écoles, qui donnent de leur temps pour promouvoir la culture. La liste serait longue à faire. Pour comprendre les contraintes qui affectent les personnes âgées et moins âgées qui militent dans ce secteur, rappelons que ces organismes sans but lucratif sont la plupart du temps en quête d'argent pour fonctionner (subventions, commandites, collectes de fonds). Le bénévole, qui par définition n'est pas payé, doit être remboursé des dépenses que son bénévolat entraîne, au risque de se sentir exploité s'il ne l'était pas. Il a aussi besoin d'appui, de formation et de matériel approprié. Et bien que la plupart des bénévoles disent trouver dans leur action même la récompense de leur dévouement, il arrive que des irritants dans l'organisation de leur travail freinent leur enthousiasme et leur participation (4).


Mais il y a des personnes que ces réseaux n'atteignent pas et qui sont d'autant plus seules. Les CHSLD sont parfois leur « seule » famille.


En devenant bénévoles, gardiens d’enfants, mentors, animateurs, accompagnants, ou même en continuant d’exercer leur métier dans la mesure de leurs capacités, de nombreux aînés transmettent leurs connaissances et leur passion aux générations suivantes. Par la même occasion, ils se donnent l’opportunité de vivre leur passion et de se réaliser et mettent en place les conditions qui leur permettent de rester en meilleure santé plus longtemps. Rester actif brise l’isolement, oblige à bouger et à rester intellectuellement plus alerte. Les aînés actifs sont donc moins susceptibles de recourir aux services de santé et aux services sociaux offerts par le réseau public et par les différents organismes de la communauté.


Les aides techniques, tels que les dispositifs de communication, les aides visuelles et auditives, les prothèses externes et les orthèses, les fauteuils roulants et les aides de marche peuvent favoriser la participation des aînés à la vie sociale. Malheureusement, elles peuvent être coûteuses et difficiles à obtenir; elles supposent l’intervention de divers ministères ou services publics et occasionnent des dépenses qui ne sont pas toujours remboursées par les régimes publics et privés (5).


Quels moyens pouvons-nous prendre pour que les aînés restent le plus longtemps possible actifs physiquement, socialement et intellectuellement ? Comment convaincre ceux qui croient ne plus avoir de rôle à jouer dans la société que leur vie ne s’est pas terminée avec la retraite ?


Notes
(1)Les personnes âgées et les solidarités. La fin des mythes de Jacques Roy, Éd. IQRC, 1998, p. 68
(2) Le livre de Jacques Roy, cité ci-dessus, a concouru a l'élaboration d'une partie de ce texte. Par ailleurs, J. Roy, qui a étudié un groupe urbain de personnes âgées dans la région de Québec et un groupe rural dans la région de Sherbrooke, un total de 575 aînés de 65 ans et plus, ne dit pas comment se répartissent ces aînés par tranches d'âge, ni selon leur état de santé, bien qu'il affirme que, dans l'ensemble, ils aient été relativement autonomes. Cela restreint ainsi la représentativité de ses résultats.
(3) Lien vers la page des références sur le Réseau social des gens âgés - Voir la rubrique « Regroupements, comités, organisations de personnes âgées »
(4) Pour en savoir plus, voir Annie Michaud, Étude de la participation dans un bénévolat en mouvance au Québec; motivations et démotivations des personnes bénévoles âgées de 55 ans ou plus, Québec, Conseil des aînés, 2002
(5) Rapport provisoire du Comité sénatorial, mars 2007.



Pour participer à l'évaluation de ces moyens d'information, veuillez contacter Pierre-Luc Lévesque au dialogue@espacecsb.com. Merci!

Lien vers la table des matières du document de réflexion

Outils personnels