Vigie 3 novembre 2008
De Espace Citoyen.
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L’état de santé et de bien-être dans la région de Québec
Le portrait de la santé dans la région de Québec, publié par l'Agence de santé et de services sociaux de la Capitale nationale, propose un large éventail de données statistiques sur l’état de santé et de bien-être de la population de la région. L’ampleur de cette étude en fait un outil important pour mieux comprendre les enjeux auxquels sont confrontés les CSSS et les CLSC de la région. On constate, par exemple, une croissance importante de la population et un contexte socio-économique favorable qui contribuent sûrement à une bonne évolution de l’état de santé des habitants (l’espérance de vie augmente, la mortalité liée aux problèmes cardiaques est en baisse et la population mène une vie plus active). Pourtant, les habitudes de vie ne changent pas toujours pour le mieux : si le nombre de fumeurs diminue, la consommation d’alcool et le surplus de poids augmentent. D’autres problèmes, liés à l’environnement (comme des plans d’eau menacés et des changements climatiques), influencent aussi la santé des habitants. Les conclusions de cette étude pourront ainsi orienter des recherches futures et les actions entreprises dans les années suivantes pour combler les besoins de la région.
La santé dans le monde : rapport 2008
Dans le même ordre d’idée, un rapport sur la santé dans le monde vient d’être publié par l’Organisation Mondiale de la Santé. Son objectif : évaluer les services offerts aux populations dans le monde en ce qui concerne les Soins de Santé Primaire (SSP) et d’autres besoins ressentis sur le terrain, afin de tendre vers "la santé à tous". La nouveauté du rapport réside dans la place allouée, au-delà des considérations « objectives » des besoins manifestés, à la conception des populations de leur santé et des choses auxquelles elles attachent de la valeur. En adaptant les services offerts dans différents pays aux nécessités physiques, mais aussi aux aspirations culturelles des populations, les systèmes de santé seront plus adéquats et efficaces.
Un Espace Santé à découvrir
Les citoyens qui cherchent à apprendre, comprendre, discuter et débattre du système de santé peuvent trouver dans l’organisation montréalaise Espace Santé une source intéressante d’information. Cherchant à favoriser la conscience politique chez les acteurs du réseau santé par le transfert des connaissances et la mise en commun des expériences de chacun, l’Espace organise de nombreux 5 à 7 consacrés aux thèmes qui préoccupent le système de santé : comment diriger un centre hospitalier, comment retenir des jeunes infirmières et comment les établissements publics peuvent-ils bien utiliser les ressources privées dans un contexte de pénurie de ressources sont des exemples des questions soulevées dans leurs dernières rencontres. Tenues à Montréal, ces rencontres sont toutefois enregistrées et accessibles sur le site de l'Espace Santé.
Privé et public : des documents pour réfléchir
Les ententes de partenariat entre des établissements privés et publics se généralisent. Leur but officiel : alléger le fonctionnement des hôpitaux surchargés en transférant quelques services aux cliniques privées. Or, dans un rapport publié récemment, le Protecteur de citoyen du Québec identifie plusieurs problèmes quant à la nature même de ces ententes. En effet, comme le précisent ses recommandations, un patient admis à ces conditions dans un établissement privé devrait bénéficier des mêmes conditions et droits qu'un patient admis dans un établissement public. Il faut donc y instaurer un processus de gestion des plaintes et des règles de la confidentialité. L’encadrement des actes médicaux doit aussi se soumettre aux règlements du service public.
Ces ententes ne représentent qu’une forme possible de collaboration entre le public et le privé en matière de santé. Le débat sur un régime mixte, dans lequel les services de santé sont partiellement financés de manière privée, occupe toujours les Québécois. D’ailleurs, le nouveau Regroupement des Médecins québécois pour le régime public, qui se consacre à combattre la privatisation du système de santé québécois, compte en faire un thème des prochaines élections.
Rappelons à cet égard l’avis sur le financement privé des services médicaux et hospitaliers publié en 2002 par le Conseil de la santé et de bien-être. Cet avis propose une critique solide des « idées reçues » sur la question, telles que «le financement privé existe déjà et ne peut que s’accroître», «le financement privé ne peut qu’alléger les listes d’attentes et donc contribuer à l’amélioration du service public» ou «le financement privé aidera à réduire les abus et donc les coûts du système». L'avis critique en particulier le principe du « ticket modérateur » selon lequel exiger un payement, même partiel, de la part des usagers, leur fera davantage considérer la nécessité d’une consultation. Au contraire, l’avis montre qu'en raison du fonctionnement du système québécois, un abus d’utilisation ne peut avoir lieu qu’aux premières visites chez les médecins de famille, ce qui représente le moindre coût du système. Par la suite, c’est aux praticiens d’orienter les malades vers tel ou tel traitement : les abus éventuels ne dépendent plus des malades. L'avis montre aussi que là où le financement privé est pratiqué dans le monde, il passe le plus souvent par des assurances privées plutôt que par un paiement direct au personnel soignant. Son influence sur les comportements des patients reste donc limitée, alors que les effets secondaires qu’il peut engendrer sont complexes.
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Date de tombée pour le prochain bulletin d’information : 13 novembre 2008
